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lundi 11 avril 2016

"La mort est une femme comme les autres" de Marie Pavlenko

La mort est une femme comme les autres
Auteur : Marie Pavlenko
Broché : 196 pages
Editeur : Pygmalion (7 octobre 2015)
Genre : Fantastique, contemporain


SYNOPSIS :
Imaginez un monde où personne ne s'éteint.
Imaginez un service de soins palliatifs où personne ne succombe.
Imaginez un univers où la mort en a ras la faux et fait un burnout.
Emm n'en peut plus. Un matin, elle s'arrête et s'assoit. Ses bras sont de plomb, elle pèse une tonne, elle ne peut plus se lever.
En se laissant aller à son spleen, elle rencontre Suzie, une jeune femme dont la gentillesse va l'émouvoir. Commence alors un périple extraordinaire au cours duquel Emm va découvrir la richesse de la nature humaine.


MON AVIS :
Dans ce roman on suit la mort personnifiée. Mais attention si vous vous attendiez à une créature terrifiante vous vous trompez complètement ! Ici la mort est une femme élancée et plutôt sexy mais surtout elle a des états d'âmes comme tout à chacun et elle est même plutôt attachante. Ainsi l'histoire commence quand la Mort tombe en dépression et qu'elle est victime d'un burnout. Puisqu’elle est incapable de faire son boulot, plus personne sur Terre ne meurt. Dit comme ça, ça peut paraître plutôt cool, mais pas du tout car la maladie et la douleur continuent d'exister. Les Hommes vont alors vite constater que le processus de la Mort est indispensable à la Vie et que sans elle c’est le chaos.
Pour ne rien gâcher au postulat de départ, qui est très intéressant, l'auteur nous montre que la mort qu’elle nomme Emm est pleine d'humour et d'ironie. C’est une femme un peu déjantée sur les bords, qui ne se sépare jamais de sa mythique Faux qui elle aussi est personnifié et a le don de s'exprimer. On assiste alors bien souvent à des scènes hilarantes de conversation entre Emm et sa Faux qui essaye de la convaincre à tout prix de reprendre son travail.
J'ai adoré le point de vue d'Emm sur les Vivants. Elle exprime ainsi un certains mépris pour tous ces Hommes qui n'arrêtent pas de se plaindre et qui ne savent pas apprécier leur vie. Elle nous surnomme même « les cloportes ». Ce qui est ironique c’est qu'Emm va choisir de se mêler aux Vivants pour se soigner. On assiste alors à des situations épiques qui sont à mourir de rire (sans mauvais jeux de mots). On va suivre ainsi les péripéties d'Emm auprès de Suzie une trentenaire atteinte d'un cancer en stade terminale, ainsi qu'auprès du Dr Anatole Paladru qui est médecin en soin palliatif et qui se désespère de ne plus voir ses patients mourir.
Marie Pavlenko a donc choisi d'aborder le sujet de la Mort d'une façon originale et humoristique. Mais derrière ses phrases sarcastiques et hilarantes il y a une vraie leçon de vie à en retirer ; La Mort même si elle paraît parfois injuste reste quelque chose d'inévitable.


CONCLUSION :
Dans ce roman l’auteur aborde la notion de mort d'une façon atypique, loufoque et intelligente à la fois. Le ton donné à ce récit se veut ironique et plein d'humour. L'auteur manie à la perfection ce style et on assiste à des scènes hilarantes. Mais derrière cette écriture légère il y a aussi tout un tas de réflexion cachées. C'est un roman qui m’a fait passer un excellent moment mais qui m’a également beaucoup fait réfléchir sur le véritable sens de la Vie et de la Mort.


MA NOTE :
5/5 : Coup de cœur pour ce roman déjantée et très intelligent.


CITATION :
« [...] d’heure en heure, le chaos risquait de fondre sur ces pauvres humains. Certes, la Faux en convenait, en un sens, ils méritaient leur triste sort. Ils étaient geignards, avaient une très haute opinion d’eux-mêmes, non explicable en regard de leurs actions, et ravageaient leur planète avec ce petit air supérieur des aristocrates ruinés qui ne le savent pas encore. Ils s’entretuaient, se jalousaient, jargonnaient et se pavanaient alors que la morve leur coulait du nez dès qu’ils pleuraient. Une calamité. Rien ne les autorisait à se comporter ainsi et ils auraient plutôt dû s’agenouiller devant les arbres pour leur demander pardon. N’empêche. Emm avait une mission et elle contribuait à l’harmonie. Y renoncer était d’une méchanceté et d’une inconscience crasses.»








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